[Document] Notre réponse à la motion contre la méga centrale biomasse de Gardanne

[Document] Notre réponse à la motion contre la méga centrale biomasse de Gardanne

Lors du dernier Conseil municipal, la majorité a présenté une motion par la voix de sa représentante écologiste Francine DAERDEN pour demander des garanties pour le développement de la filière bois en PACA sans que le projet de méga centrale biomasse de Gardanne. Voici le texte de la motion : 

 

Motion Gardanne

 

 

Et voici notre réponse présentée par Marc BREUIL : 

Les élus représentant l’opposition au Conseil municipal de Briançon n’ont pas souhaité participer au vote de cette motion pour les raisons suivantes :

o   Madame Francine Daerden, adjointe au Maire EELV veut rejeter aujourd’hui par cette motion la responsabilité de la pénurie en bois à Briançon sur les projets de Gardanne et de Brignoles, alors même que les ressources proches sont aujourd’hui très limitées et ne permettraient pas d’alimenter à 100% en bois cette chaufferie.

o   Elle ne pouvait ignorer le projet de reconversion au bois de la Centrale à charbon de Gardanne, autorisée par les pouvoirs publics par arrêté ministériel daté du 29 février 2012, qui doit prélever sur la forêt régionale 855 000 tonnes de bois par an (sur les 3,6 millions de tonnes d’accroissement annuelle de cette forêt) et doit permettre le maintien de 182 emplois,

o   Elle ne pouvait ignorer le Plan d’Approvisionnement Territorial bois du Pays du Grand Briançonnais montrant une ressource totale accessible de seulement 10 200 tonnes par an, utilisable pour l’énergie ou l’industrie, et déjà prélevée par de nombreuses chaufferies de la région,

o   Le Maire avait promis aux Briançonnais une chaufferie 100% bois alimentant un réseau de chaleur, mais il ne pourra pas tenir ses promesses, compte tenu  des difficultés d’approvisionnement déjà connus, des 8676 tonnes  de bois annuelles nécessaires pour faire fonctionner cette chaufferie, des multiples projets déjà lancés dans le département et de l’impact de Gardanne.

Les élus de l’opposition remettent en cause ce projet de chaufferie, mal engagé, et rappellent l’ensemble des risques et impacts de ce projet :

o   Impact visuel  et sonore de cette usine, contraire à la vocation touristique de Briançon,

o   Projet pharaonique de 12 millions d’euros. Cet investissement serait mieux placé dans l’isolation thermique des bâtiments à raccorder, qui sont aujourd’hui de véritables « passoires thermiques». D’autre part, quand le bois viendra à manquer, ce qui est très probable, il n’y a pas d’autre alternative en énergie renouvelable pour alimenter le réseau de chaleur.

o   Impact potentiel sur la santé des riverains d’une cheminée, et peut être deux, situées en plein centre ville par l’émission, malgré les filtres, de particules fines, et de résidus de combustion de fioul.

o   Défonçage de 6 km de voiries dans Briançon,  pour enfouir les canalisations d’eau chaude.

Ils  s’étonnent  enfin du choix de la société Coriance, société à actionnaire unique détenue à 100% par la société  américaine KKR (Kohlberg Kravis Roberts & Co. L.P.), fonds d’investissement américain. Ils s’étonnent qu’aucune société à capitaux français  n’ait  répondu à l’avis d’appel public à la concurrence pour la DSP. Il est paradoxal que, dans ce même conseil municipal, les élus de la de la majorité proposent une motion contre le projet de grand marché transatlantique et la domination des Etats Unis,  alors que le Maire a confié à une société détenue par une entreprise américaine la construction de la chaufferie…